De quoi parle-t-on ? De la stratégie gouvernementale face à la propagation de l'épidémie, de substances explosives dans la Ville rose, du procès des attentats de janvier 2015.
La Lettre du Figaro, votre rendez-vous d'information chaque matin.Le Figaro
Bonjour chers abonnés,
La deuxième vague sera-t-elle une Arlésienne ? La Direction générale de la santé a des doutes en regardant la courbe du nombre de contaminations grimper à mesure que les jours passent. Les voyants ne sont pas encore au rouge mais prennent une drôle de couleur. Face à cette situation, la stratégie du gouvernement est pointée du doigt. Le Conseil scientifique et une figure de la santé publique en France sont formels: non, la France ne fait pas ce qu'il faut.
Dans cette Lettre, vous trouverez le récit de la première semaine du procès des attentats à Charlie Hebdo. Allez absolument le lire.
Passez une excellente journée,
Ronan Planchon, journaliste au Figaro
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Covid-19: quelle stratégie face au risque de rebond ?
L'isolement est l'un des trois piliers de la stratégie nationale de lutte contre le SARS-CoV-2.PHILIPPE LOPEZ / AFP
CALAMITÉ Afin de pallier les aléas climatiques, la Chambre d'agriculture de l'Allier, la FNSEA 03 et les JA 03 s'unissent pour que le département soit classé en zone de calamité agricole.
Patrice Bonnin, Président de la Chambre d'agriculture de l'Allier
« Il fallait absolument demander la réouverture de calamité agricole auprès de la préfecture de l'Allier. Nous mettrons tout en place pour faciliter le travail de l'administration lors des visites et des enquêtes sur les exploitations agricoles. Professionnellement, la Chambre d'agriculture mettra tout en oeuvre pour y parvenir.
Mais [...]
Une rentrée presque normale. De quoi réjouir Abbas Daïche, principal du collège Laurent-Mourguet et sa nouvelle adjointe, Vanciane Rimbert. 440 élèves, 37 enseignants, deux classes bilangues, une section rugby, une classe Ulis… La rentrée ressemble aux précédentes. Qu’en est-il vraiment ?
Hier à 19:59 - Temps de lecture :
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September 08, 2020 at 09:54AM
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Écully. « Les protocoles sanitaires sont appliqués à la lettre » - Le Progrès
Certains dans chaque Etat membre de l’UE se plaignent du coût de l’Europe pour le peu qu’ils disent en recevoir. Notamment en Italie. Mais la question n’est pas là.
La Repubblica, à Bruxelles
Cela fait des années que les populistes et les souverainistes attaquent l’Europe, se plaignant que l’Italie paie trop par rapport à ce qu’elle reçoit en échange. Un argument qui fait mouche auprès de l’électorat eurosceptique, mais un argument instrumental et faux, non seulement dans les faits, mais également par nature, car l’avantage découlant de l’appartenance au club européen ne peut pas simplement se calculer en chiffres : l’adhésion à l’UE apporte stabilité économique, croissance commerciale, paix et force géopolitique, des avantages dont la valeur est inestimable. Ce n’est pas par hasard si les auteurs de ces mêmes accusations, à commencer par Matteo Salvini, n’ont jamais donné suite à leurs menaces chaque fois qu’ils se sont dits prêts à réduire la contribution italienne au budget de Bruxelles si on ne leur donnait pas raison sur tel ou tel dossier.
September 06, 2020 at 10:43PM
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Lettre d'Europe: mon pays reçoit-il assez l'Union européenne? - Le Soir
Journaliste, Emmanuelle Lagadec habite Clohars-Carnoët (29) et travaille en ce moment sur le «Pokast», un podcast, une création sonore inédite et collective avec les habitants du pays de Quimperlé.
Une invitation à écrire à l’homme ou à la femme de sa vie mais qui ne le sait pas encore, à son voisin qu'on déteste, à son patron qui n'a rien compris, à l'enfant que nous étions ou au vieillard que nous serons. La jeune femme a même collecté la lettre d'une petite fille au président de la France. Et c'est insolite, décalé, drôle !
Les lettres seront enregistrées, dites ou chantées par les écrivains eux-même ou des comédiens et mise en onde sur fond sonore, dans l'idée de produire prochainement un spectacle. Le projet monté avec le POK, Pouldu sOcial Klub, association hébergée par le Club Nautique du Pouldu, permet à tout le monde de participer : il suffit d'envoyer sa lettre à l'association ou par mail jusqu’au 30 septembre 2020 à emmajeudy@yahoo.fr
POKAST, écrivez vos lettres qui seront enregistrées jusqu'au 30 septembre 2020
September 04, 2020 at 09:38PM
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Emmanuelle Lagadec enregistre les lettres que vous n'avez jamais osé envoyer à quelqu'un - France Bleu
À lire ce matin: une interview exclusive avec Jean Castex, un grand entretien avec Pierre Nora, et un article sur les difficultés des universités privées d'étudiants étrangers.
La Lettre du Figaro, votre rendez-vous d'information chaque matin.Le Figaro
Bonjour chers abonnés,
Une interview exclusive de notre premier de ministre sur le plan de relance n'est-elle pas la meilleure façon d'attaquer la journée ? Évidemment que si. Jean Castex dévoile, dans nos pages, la façon dont il compte répartir les 100 milliards d'euros débloqués par le gouvernement, jure de ne pas augmenter les impôts, promet de donner plus de moyens à la justice et répond à l'appel du pied de Christian Estrosi sans botter en touche.
Il n'est si bonne compagnie qui ne se quitte, mais nous nous retrouvons demain. Bonne journée!
Ronan Planchon, journaliste au Figaro
• À la une
Jean Castex: «Notre plan pour l'avenir»
«Après le temps de l'urgence vient maintenant le temps de la projection, parce que ce plan ne se contente pas de panser les plaies de la crise. Il prépare l'avenir», déclare Jean Castex.Jean-Christophe Marmara/JC MARMARA / LE FIGARO
Cent milliards d'euros. Le chiffre est si énorme qu'il ne nous dit rien. Pour paraphraser l'espion OSS 177 dans le film de Michel Hazanavicius, vous voyez ce que ça fait 30 milliards d'euros pour accélérer le verdissement de l'économie, 35 milliards alloués au renforcement de la compétitivité des entreprises, 35 milliards d'investissement dans les équipements hospitaliers,
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September 03, 2020 at 11:52AM
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La Lettre du Figaro du 3 septembre 2020 - Le Figaro
"Je supporte mal le masque. J’ai dû mal à respirer" avoue un agent du service des cartes d’identité et des passeports. Si certains personnels municipaux soulignent les effets indésirables du nouvel accessoire de protection, "le masque est très bien accepté dans les services de la mairie de Tarbes. Nous faisons un important travail de sensibilisation. Nous n’avons pas de personne réfractaire" se félicite le directeur général des services Jean-Luc Cossou. "Les agents ont bien compris qu’il s’agissait d’une responsabilité à la fois individuelle et collective" ajoute Cathy Combot, conseillère en prévention des risques professionnels à la mairie de Tarbes. L’aspect budgétaire n’est pas non plus négligeable. À la mairie de Tarbes comme dans d’autres collectivités du département, le port du masque obligatoire depuis ce mardi 1er septembre est une charge financière. "Nous allons distribuer dix masques pour chacun des 1 000 agents plus les 150 animateurs qui interviennent sur le temps périscolaire. Pour les masques chirurgicaux il s’agira d’une distribution hebdomadaire. Pour ceux en tissu, tout dépend de la périodicité des lavages. Cela représente un budget avoisinant les 100.000 €" explique le directeur des services. Les personnels en contact avec le public (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles ou policiers municipaux par exemple) se voient doter de masques chirurgicaux, plus protecteurs. Existe-il des exceptions pour certaines catégories professionnelles qui pourraient se soustraire à l’obligation ? "Dans les textes de loi, pour l’instant, je n’ai pas lu de dérogations pour les agents qui sont soumis à des travaux physiques plus ou moins pénibles. Le port du masque est obligatoire pour tous" répond Jean-Luc Cossou.
September 02, 2020 at 10:09AM
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Le retour des enfants à l’école dans un contexte incertain de pandémie engendre de nombreuses inquiétudes. Sur Facebook, une publication virale prétend rassurer les parents sur les risques de dépistages forcés dans les établissements scolaires.
Ce que dit la rumeur
La publication comporte une « copie de lettre type » que les parents sont censés pouvoir envoyer aux établissements qui scolarisent leurs enfants. Il s’agit plus précisément d’un « avenant dérogatoire à la fiche d’infirmerie » que les parents remplissent pour demander que leur enfant ne « soit soumis à aucun test Covid-19 » ni à « aucun vaccin ».
Facebook
POURQUOI ÇA N’A AUCUNE VALEUR
Cette publication alarmiste sous-entend que les enfants pourraient se faire vacciner ou dépister contre le Covid-19 au sein de l’école. Cela ne risque pas d’arriver. Tout d’abord, il n’existe à ce jour aucun vaccin contre le nouveau coronavirus. Ensuite, les établissements scolaires n’ont pas vocation à vacciner les enfants ou à leur faire subir des tests de dépistage au Covid-19. L’école « n’est pas un établissement de soins mais un lieu de vie », a précisé le syndicat des infirmiers scolaires SNICS-FSU à nos confrères de Franceinfo.
Les missions de l’infirmier scolaire, selon l’éducation nationale, sont « d’assurer les soins infirmiers préventifs et curatifs et de concevoir, d’évaluer et de mettre en œuvre des actions d’éducation à la santé tant dans le champ individuel que collectif ». A ce titre, ils peuvent par exemple administrer des médicaments, mais pas n’importe lesquels. L’organisation des soins dans les établissements scolaires est encadrée par un protocole détaillé dans un bulletin officiel de l’éducation nationale publié en 2000. Celui-ci précise le nombre de médicaments que peuvent donner les infirmiers scolaires.
Ce sont surtout des substances destinées à soulager les élèves à court terme (paracétamol, sérum physiologique, Biafine, arnica, bains de bouche, etc.). Des médicaments d’urgence peuvent également être donnés sur prescription médicale. A noter que dans l’enseignement secondaire, les infirmiers peuvent administrer une contraception d’urgence aux élèves dans un cadre strict défini dans ce protocole.
L’autorité parentale prime chez les mineurs
Avant d’entrer à l’école, un enfant doit avoir réalisé un certain nombre de vaccins obligatoires et l’infirmier peut avoir accès aux certificats de vaccination. Mais il ne peut ni vacciner un enfant ni décider de le faire sans accord parental. Le droit français confère en effet aux parents des devoirs « vis-à-vis de leur enfant mineur » tels que de « veiller sur l’enfant, sa santé, son éducation ».
La gestion d’une éventuelle contamination d’un enfant au Covid-19, et donc d’un test de dépistage, revient naturellement aux parents d’élèves qui « jouent un rôle essentiel », comme le souligne le ministère de l’éducation nationale dans son protocole sanitaire :
« Les parents d’élèves s’engagent à ne pas mettre leurs enfants à l’école, au collège ou au lycée en cas de fièvre (38 °C ou plus) ou en cas d’apparition de symptômes évoquant la Covid-19 chez l’élève ou dans sa famille.
De même, les élèves ayant été testés positivement au SARS-CoV-2, ou dont un membre du foyer a été testé positivement, ou encore identifiés comme contact à risque ne doivent pas se rendre dans l’école ou l’établissement scolaire. Ils en informent le directeur ou le responsable d’établissement. »
Si un enfant présente des symptômes à l’école, celui-ci est « isolé avec un masque sous la surveillance d’un adulte qui porte également un masque », précise le ministère dans un livret destiné aux parents. Ces derniers seront « rapidement » contactés par l’école qui les invitera à se rapprocher du médecin traitant « avant tout retour en classe ».
En résumé, les écoles n’effectuent pas de tests de dépistage au Covid-19. Quand bien même ce serait le cas, les infirmiers scolaires ne pourraient rien faire sans accord parental. Ce document qui joue avec les peurs n’est donc d’aucune utilité à l’heure actuelle.
Dans les textes gravés anciens, et jusque dans les albums d’Astérix, la lettre U est remplacée par le V, mais alors pourquoi ? Ce dimanche 30 août au matin, je réponds à Bruno, qui s’interroge sur notre alphabet : il se demande, et il me demande, "à quel moment nous avons remplacé la lettre V par la lettre U et pourquoi".
J’adore cette question, parce que je me la suis posée, enfant, en dévorant les albums d’Astérix. À chaque fois qu’on y voit un texte gravé, les U sont remplacés par des V, et je trouvais cela très surprenant. Bruno a remarqué le même étrange phénomène de substitution sur certains édifices anciens, des églises notamment. On voit même "République française", au fronton de certains bâtiments publics ou sur les vieilles pièces de monnaie en francs, écrit « Répvblique », avec un V à la place du U.
Eh bien, figurez-vous, cher Bruno, amis des mots, que, au XVIe siècle, notre alphabet, hérité de l’alphabet latin, ne faisait pas de différence entre la lettre U et la lettre V, ou plutôt U et V n’étaient que deux apparences d’une seule et même lettre. Le V pouvait représenter la version majuscule de la lettre que l’on écrivait U en minuscule, ou bien on utilisait l’une ou l’autre selon sa place dans le mot, le V étant employé en début de mot, le U au milieu.
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que le U et le V ont été distingués
Le verbe "vivre", par exemple, se prononçait sans doute quelque chose comme "vivre", mais s’écrivait V.I.U.R.E au lieu de V.I.V.R.E. Pas pratique ! De la même façon, d’ailleurs, on ne distinguait pas le I du J : le j n’étant qu’une variante du I. Mais dès le XVIe siècle, des hommes de lettres (c’est le cas de le dire) se sont mis à militer pour que l’on fasse la distinction entre U et V et entre I et J, afin que l’écriture se rapproche de la langue parlée.
Ils ont eu gain de cause ! Enfin, ils étaient morts depuis longtemps quand ils ont eu gain de cause, puisque ce n’est qu’au XVIIIe siècle, dans la quatrième édition du dictionnaire de l’Académie française, que ces lettres sont officiellement distinguées. Vous remarquerez d’ailleurs qu’on les a laissées en couple dans notre alphabet, où le J suit le I comme le V suit le U.
Pourtant, ce ne sont pas les dernières lettres qui ont rejoint notre alphabet : la toute dernière a été le W. L’académicienne Danièle Sallenave, dans un article passionnant intitulé "L’orthographe : histoire d’une longue querelle", sur le site de l’Académie, raconte que "Les mots commençant par W font leur apparition dans la 5e édition du Dictionnaire de l’Académie (1798), mais non la lettre elle-même", qui reste définie comme "appartenant à l’alphabet de plusieurs peuples du Nord et qu’on emploie en français pour écrire un certain nombre de mots empruntés aux langues de ces peuples".
Le W a fait son apparition en 1798 dans le dictionnaire
Rassurez-vous, le W fait bien partie de notre alphabet. C’est juste que les académiciens sont un peu lents. Ils en sont actuellement à la lettre S de la 9e version de leur dictionnaire. Les définitions des mots commençant par T, U, V, W, X, Y et Z n’existent encore que dans la 8e version, qui remonte à… 1935 ! Gageons que lorsqu’ils arriveront au W dans cette nouvelle version, ils le reconnaîtront enfin comme une lettre de notre alphabet.
La rédaction vous recommande
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August 30, 2020 at 01:52PM
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Orthographe : quand le U et le V n'étaient qu'une seule lettre dans l'alphabet - RTL.fr
C’est une lettre de six pages, datée du 5novembre 1944. L’écriture, en pleins et en déliés caractéristiques de l’époque, est serrée, comme pour ne pas perdre un centimètre carré de feuille, comme si tout avait été jeté sur papier d’une seule traite.
Dans cette « grande causerie », comme elle dit, Marie-Thérèse Motrot s’adresse à sa mère et à ses proches, qui habitent Saint-Brieuc, pour leur donner des nouvelles et raconter en détail ce qu’elle a vécu, lors du siège de Saint-Malo, en août 1944.
Un récit vibrant, détaillé et touchant d’authenticité, à hauteur de femme, sur la douloureuse libération de la cité corsaire: elle y raconte le quotidien sous les obus, les horreurs vues et vécues par les uns et les autres et la difficulté de s’en remettre.
« C’est une cousine qui a retrouvé la lettre dans les affaires de sa mère, il y a quelques mois », retrace Louis Motrot, le fils de Marie-Thérèse. Un témoignage que le nonagénaire, chroniqueur pour LePays Malouin, tient à transmettre :
« Si on ne raconte pas, les gens ne sauront pas combien on en a bavé ».
Lui-même âgé de 17 ans à l’époque, il s’est remémoré grâce à cette correspondance « des souvenirs qu’on avait communiqués à notre mère et qu’on avait oubliés ».
À l’heure où Marie-Thérèse prend la plume, en novembre 1944, les nouvelles ne sont pas trop mauvaises. Certes, elle et les siens traînent toujours la gale, attrapée lors de la détention des trois hommes de la famille au Fort national, et se soigner est compliqué : « Les pharmaciens n’ont plus aucun produit » et « nous n’avons rien pour prendre de bains, pas assez de linge pour nous changer et pas assez de savon pour nous laver ».
Mais « puisque notre santé est bonne, c’est l’essentiel », écrit la jeune femme, qui se réjouit aussi de la nourriture, « parfaite » : quelques mois après la Libération, on trouve à Saint-Malo du « pain presque blanc à discrétion », « boucherie tous les jours », « charcuterie comme avant guerre » et légumes, pommes et châtaignes « à foison ». En revanche, « faute de transport », il n’y a « ni café, ni sel, ni savon, ni lessive et très peu de lait ».
Ses deux plus jeunes enfants vont à l’école des filles, devenue mixte, les messes se tiennent à nouveau, dans une chapelle qui fait office de cathédrale, et le travail a repris pour son mari et ses deux grands fils.
La famille a trouvé à se loger dans un trois-pièces meublé et a pu récupérer du linge à droite à gauche. « Mais il faut tant de choses encore », souligne Marie-Thérèse, qui se languit : « Quand donc retrouverai-je mon chez-moi ? »
« Il faut pourtant vivre quand même, puisque la mort nous a épargnés »
Surtout, la mère trentenaire, une femme « solide, avec beaucoup de caractère », selon son fils, est encore marquée par les épreuves, dont elle peine à se remettre :
« Il faut pourtant vivre, quand même, puisque la mort nous a épargnés, mais parfois le courage m’abandonne », écrit-elle. C’est qu’elle a traversé de rudes moments.
Marie-Thérèse a vécu de l’intérieur le siège de Saint-Malo. À l’époque, elle a 39 ans et habite dans un appartement de la rue de Toulouse, au sud d’Intra-Muros, avec son mari et ses deux grands fils : Henry et Louis, 19 et 17 ans.
Ses deux autres enfants, encore écoliers, ont été évacués à la campagne pour pouvoir continuer leur scolarité. Fin juillet, la situation s’aggrave : les obus commencent à pleuvoir sur la cité et les habitants ne peuvent plus sortir de chez eux.
Les Allemands « tiraient sur tous ceux qui se montraient dans la rue, relate Marie-Thérèse. Les uns ou les autres tremblaient quand l’un de nous partait chercher du pain ». La nourriture se fait rare et, la nuit, tout l’immeuble descend à la cave pour dormir.
Le 6 août, un « terrible dimanche »
Puis vient le « terrible dimanche » du 6 août. Tôt le matin, Marie-Thérèse, très croyante, brave le danger pour aller à la messe. Il fait beau et calme. Mais quelques heures plus tard, « la mitraille crache partout ».
« Les Allemands sont dans Saint-Malo et les Américains sur le Sillon […]. Les obus des uns et des autres tombent sur la ville, l’angoisse nous prend, l’aviation arrive et les bombes pleuvent », décrit-elle.
Le soir, vers 21 h, les Allemands descendent dans les abris et, « sous la menace des mitraillettes », somment tous les hommes valides de se rendre au Fort national, pour servir d’otages. Le mari et les fils de Marie-Thérèse doivent partir. « La séparation fut atroce », dit-elle.
Quelques heures plus tard, à l’aube, un obus tombe sur l’immeuble et ses six occupantes restantes, « ébranlées jusque dans la cave », sont évacuées vers d’autres abris. Le lendemain, Marie-Thérèse échappe de peu à la mort : un obus éclate à 4 ou 5 mètres d’elle.
Le 9 août, malgré l’interdiction des Allemands, elle se porte volontaire pour aller prêter main-forte et éteindre l’incendie qui gagne l’hôpital. L’écroulement d’une maison voisine lui fait perdre l’équilibre et elle s’enfonce une longue pointe dans le pied.
Elle est conduite à l’hôpital, où règne le chaos. « Seuls les docteurs Descottes et le père Page étaient là pour soigner les blessés qui mourraient comme des mouches et que l’on enterrait sans cercueil dans les tranchées-abris évacuées ».
Dans la nuit, le Fort national est bombardé par les Américains. Heureusement, Marie-Thérèse, morte d’inquiétude, apprend vite que ses hommes ne figurent pas parmi les 18 victimes que feront les Alliés. Soignée sommairement, elle est renvoyée à son abri, où elle se claquemure, fiévreuse, tandis qu’à l’extérieur les affrontements redoublent d’intensité.
Le samedi 12, « le feu crachait de toutes parts, on était en enfer. Je nous voyais brûlés vifs dans nos caves ». Le 13, une trêve d’une heure permet d’évacuer les civils. Marie-Thérèse, toujours très fiévreuse, est sortie en remorque.
Le 14, ses hommes parviennent à fuir le Fort, « sous la mitraille », et la rejoignent à l’hôpital, « méconnaissables de crasse et de fatigue autant que d’épouvante ». Pendant son hospitalisation, l’immeuble de la rue de Toulouse est dévasté, touché par plusieurs obus et par un incendie.
Marie-Thérèse quitte l’hôpital fin août. « Mais quelle triste réalité de ne rien retrouver de ce qui vous est cher. Et c’est si difficile d’oublier, d’avoir vu de si près ce que nous avons vu ».
L’auteure conclut par ces mots, qui traduisent l’émotion ressentie, à la convocation de ces événements encore frais : « Excusez les fautes et l’écriture, mais je ne veux pas relire ma lettre. »
August 30, 2020 at 01:04PM
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Une lettre poignante sur la Libération de Saint-Malo : « C'est si difficile d'oublier » - actu.fr
« Tu es prêtre à jamais » (Ps 109). Pourquoi toi ? « Ma vocation, écrit saint Jean-Paul II, est don et mystère » ; « Il appela à Lui ceux qu’Il voulait pour être avec Lui et les envoyer prêcher» ;« Nous sommes ici par la volonté du peuple, disait Mirabeau, nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes »… mais elle est versatile, la volonté du peuple. Nous sommes prêtres par la volonté de Dieu et l’appel de l’Église, et cela nous donne une force et une liberté que personne ne pourra jamais nous ravir. Un pasteur selon le cœur de Dieu est toujours libre et inclassable. « Je suis un mélange d’anarchiste et de conservateur, disait Jean Gabin, mais dans des proportions qui restent à déterminer. » Sois, sur ce plan, comme Gabin…
Tu entendras parfois que les prêtres sont « comme tout le monde ». C’est à la fois très vrai et profondément faux. C’est très vrai, nous sommes peut-être même plus « hommes » que bien des hommes, parce que nous mesurons notre faiblesse et notre péché à force de côtoyer la sainteté du Maître. Le sacerdoce est une réalité si haute qu’on ne peut que parfois le trahir. Nous sommes très humains aussi parce que nous tenons notre vie aux frontières des joies et des peines, aux confins du Ciel et de la Terre. Nous entrons dans les maisons bénir les malades, nous plongeons les enfants dans les eaux baptismales, nous sommes à l’Alpha et l’Omega, au balbutiement du nouveau-né et au râle du mourant. Nous portons de si grandes joies, de si lourdes peines et de si grands secrets… Nous savons ce qu’il y a dans l’homme.
Et en même temps, dire que nous sommes « comme tout le monde » est absolument faux. C’est d’ailleurs une parole vaine, car chaque homme est une exception. Nous ne sommes pas comme tout le monde, car nous sommes des hommes de Dieu qui agissons en la personne du Christ, revêtus de son autorité à la mesure de notre obéissance. L’essentiel de notre vie demeure une réalité cachée, celle de la prière, du travail et de la peine acceptée avec amour. Ne revendique pas cette « différence » comme un droit, assume-la comme un devoir. Avance avec Abraham « comme si tu voyais l’invisible ».
Toute fécondité s’enracine dans la vie intérieure, et, je te le dis, dans un secret que tu connais : elle s’obtient aussi dans la souffrance. Notre propre combat spirituel, les cris des hommes, nous frappent comme les vagues incessantes de la mer. « Le sacerdoce, disait le saint Curé d’Ars, c’est l’amour du cœur de Jésus », qui s’est blessé à la détresse des hommes. Les âmes s’enfantent dans la douleur et dans le renoncement à l’esprit de possession. Nous donnons toute notre vie pour faire naître Dieu dans les âmes, et nous devons accepter de ne jamais retenir pour nous la vie des autres. « Un seul est Père » (Mt 23, 9). Nous passons comme le Christ passe, dans la liberté d’un amour qui se donne entièrement sans jamais se laisser posséder. « Telle est ma joie, elle est complète, que Lui grandisse et que je diminue » (Jn 3, 29). Frère, que ta joie demeure !
Père Luc de Bellescize
August 30, 2020 at 04:16PM
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Lettre ouverte à… un ami tout juste ordonné prêtre - Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle
La Lettre du Figaro, votre rendez-vous d'information chaque matin.Le Figaro
Bonjour chers abonnés,
Le Parti communiste chinois n'a plus rien à avoir avec le Parti communiste français. Déjà, il n'est pas soutenu par Josiane Balasko. Ensuite, il compte légèrement plus d'adhérents (90 millions). Et puis, ses dirigeants ont une vision somme toute différente de la démocratie. Là-bas on compte «déraciner les membres néfastes du troupeau» d'ici 2022 pour permettre au président Xi Jinping de s'offrir un règne à la Mao.
Passez un excellent week-end. N'oubliez pas votre masque si vous vivez à Marseille ou Paris. À lundi!
Ronan Planchon, journaliste au Figaro
• À la une
Xi Jinping resserre son étau sur la Chine
Le président chinois, Xi Jinping, au Palais de l'Assemblée du peuple pendant le vote sur la modification du statut spécial d’Hongkong, le 20 mai, à l'occasion de la dernière session du congrès national populaire de Chine, à Pékin.Carlos Garcia Rawlins/Reuters
Le Parti communiste chinois est un appareil politique où l'on peut penser ce que l'on veut tant que l'on est d'accord en tout point avec Xi Jinping. Ceux qui avaient encore un doute sont en train de l'apprendre à leurs dépens. En vue du Congrès du parti en 2022 où il compte s'offrir un règne à vie, le président chinois a entamé une campagne (= une purge interne) dont l'objectif a
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Pour attirer votre attention, je ne peux que vous raconter mon histoire.
Elle ressemble à une chronique, celle d’une fin annoncée.
C’était un dimanche d’août ensoleillée, et pourtant la fièvre est montée.
Le rendez-vous a étéfixé en fin de journée, à la fin des consultations.
Fièvre et maux de ventre pour le petit, fièvre et maux de tête pour la maman.
Le verdict est aussitôt tombé. Il faut vous faire dépister, voici les ordonnances. Toute fièvre est aujourd’hui suspecte m’explique-t-elle.
En lettre manuscrites, il a été ajouté : suspicion Covid-19. Souligné trois fois par la main exténuée.
Le petit ventre n’aura pas été palpé, les oreilles et la gorge n’auront pas étéexaminées. Les questions n’auront pas été posées. Le protocole n’aura pas été expliqué. Ses yeux étaient cernés.
C’est la queue pour quoi là ? Celle-là c’est pour le test PCR, pour les autres c’est celle-ci. Et les gens qui attendent là ? Ils sont déjà inscrits, ils attendent pour faire le test.
La petite cour est déjà pleine, la foule déborde dans la rue. Le mètre n’est pas respecté. Tout le monde est mélangé. Des jeunes, des vieux, des couples avec enfants. Vous venez faire le test ? Oui, j’ai les symptômes. Et vous ? Moi, j’ai une ordonnance. Nous on rentre de vacances, on veut être sûr avant la rentrée. Pardon, moi je viens juste chercher des résultats, je peux passer ?
A l’inscription, au guichet d’à côté, un couple de vieux. Le Monsieur explique qu’il est diabétique, sa glycémie est très haute, il veut faire une prise de sang pour son bilan. Il est inquiet. Il n’a pas de carte vitale, il n’est pas d’ici, il est coincé là depuis les confinements, il ne peut pas rentrer dans son pays, il n’a pas d’ordonnance. C’est pas possible Monsieur. S’il vous plaît, je suis diabétique. On n’a pas le temps Monsieur et vous serez pas remboursé. Je peux payer. Vous payez tout de suite ? Oui, je peux payer.
C’est pas dangereux pour le petit Madame ? Quoi donc ? D’entrer dans le box. On fait aussi des tests PCR ici. Mais on vient pour ça ! Lui aussi ? Oui.
La porte du box reste ouverte, on y rentre, puis on en sort à la chaîne.
Rien n’auraété nettoyé. La poubelle de mouchoirs, masques et gants usagés n’aura pas été vidée.
C’est pourquoi ? C’est pour l’école?
Les ordonnances n’auront pas étélues.
La sueur perle de sa charlotte, son visage est tendu, elle n’en peut plus.
Tenez-lui les bras. La tête doit être tenue en arrière. M. Tu viens m’aider ? Attends je dois mettre ma blouse. Y’a plus de charlotte ? Dépêche-toi j’ai une prise de sang à faire.
L’enfant aura hurlé. Le sang aura coulé. Le vomissement de justesse évité.
Personne suivante s’il-vous-plaît. Excusez-moi, mon fils saigne du nez. Ca vous va un Sopalin ? J’ai rien d’autre. Dépêchez-vous Madame, j’en ai encore d’autres à faire.
Les résultats dans 4 à 5 jours. C’est pas 24 heures ? Non, y’a trop de tests, le labo suit pas.
On doit faire quoi en attendant ? Je sais pas, demandez à votre médecin.
Et si c’est positif ? Vous serez sûrement appelés, pour votre entourage.
Bonjour Docteur, excusez-moi de vous déranger, personne n’a eu le temps de m’expliquer, je dois faire quoi ? Vous travaillez ? Oui, je suis indépendante. Je veux dire, vous travaillez où ? Chez moi. Ah, il n’y a pas de problème alors. Je veux dire, oui, il est préférable d’éviter les interactions jusqu’aux résultats. Si vous y êtes contrainte, vous pouvez sortir faire les courses. Et mon fils, je vis seule avec mon fils. -… …
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Certains seront partis en vacances, le PSG aura eu sa finale, une partie du pays aura respiré. On aura presque oublié.
La rentrée aura été programmée, le protocole allégé, les entreprises auront leurs salarié.e.s, l’immobilier ne se sera pas effondré, les profits seront distribués.
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Pendant ce temps, ici et ailleurs, le point de non-retour aura été atteint, l’oxygène vendu au marché noir, des peuples auront disparu, des mourants auront attendu dans les couloirs, des villes auront été encerclées, des traités auront été abandonnées, des fillettes auront été mariées. Partout, nombreus.e.s auront été exténué.e.s.
Je viens vers vous, Monsieur le Président, demander un éclaircissement.
Vous qui pilotez la gestion de la crise sanitaire, vous qui prétendez préparer notre avenir, pourriez-vous m’expliquer : oùallons-nous ?
Vous nous avez mis en garde, la crise n’est pas finie, pire, nous devons apprendre à vivre avec, elle sera longue et d’autres viendront. Des solutions existeraient, d’autres seraient en préparation.
A nous, citoyennes, citoyens, vous nous demandez d’être responsables. Il s’agit de sauver des vies.
Nul besoin de longs développements, de chiffres, de citations. Je fais confiance à votre intelligence, Monsieur le Président, vous comprendrez ma question.
Si votre tâche n’est point aisée, la mienne de l’est pas davantage.
Si je dois encore honorer l’ensemble de mes obligations, ferez-vous de même Monsieur le Président ?
Je n’ai ni le temps, ni l’opportunité, moi, de monter à la tribune, de figurer en haut d’une liste, de marcher derrière la banderole. Je fabrique, j’accouche, j’éduque, je soigne, je nourris, je reçois, j’assouvis, je réconforte. Et lorsque la fièvre monte, je ne dors pas. Je vous écris la nuit, Monsieur le Président, presque en catimini. Il m’arrive de subir. Il m’arrive d’en mourir.
En cette fin d’été, oùchacun tient son Université, je choisis la plume, Monsieur le Président, pour arriver jusqu’à vous. Je vous fais confiance, vous saurez trouver façon qui vous convienne pour me répondre.
Je suis une mère, une femme, une citoyenne d’ici et d’ailleurs.
Nous sommes nombreuses il me semble, et d’autrES encore voudront se joindre à nous.
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August 27, 2020 at 02:24AM
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Lettre au Président de la République française - Le Club de Mediapart